vendredi 27 mars 2020

Impressions andalouses

Note de la rédaction (héhé): cet article aurait du être posté il y a  au moins quinze jours, mais compte tenu de ce qui nous tombe à tous sur le coin de la figure, vous comprendrez bien que nous avons été bien occupés par autre chose !
Voici donc le récit tardif de nos 15 jours en Andalousie...

Nous (re)voici en Espagne !
Presque un mois après être partis de Saint Malo, le Portugal est derrière nous. C'est sûr, nous y reviendrons, la gentillesse des Portugais et la douceur de vivre dans ce pays nous manquent déjà de temps en temps !
Nous quittons le Portugal en franchissant le rio Guadiana et nous entrons en Andalousie.
Tony est venu par ici il y a une vingtaine d'années en tant qu'animateur colo pour ados, et moi, je ne connais pas du tout !
Mine de rien, il y a des petites choses que l'on remarque dès la frontière passée, des changements sensibles loin de la quiétude portugaise : des barbelés autour des jardins et des barreaux aux fenêtres apparaissent... pas très réjouissant !
Ici, il fait beau et chaud, on a les images des magnifiques palais et des plages de la Costa del sol mais on oublie parfois que la région, très grande et peuplée, est aussi  marquée par les soucis économiques et les inégalités sociales .

Cela dit, on est bien décidés à profiter de cette jolie région et nous passons une première nuit à 35 km à l'ouest de Séville histoire d'arriver assez tôt (hum hum) le lendemain matin. On a quitté la côte, le vent est tombé et il fait vraiment doux.
On passe une nuit tranquille et on met le cap sur Séville et ses 700 000 habitants.
On trouve un parking gardé -ici, il vaut mieux prendre ses précautions apparemment- et puis il faut dire que si on perd le camping-car, on perd ET notre moyen de locomotion ET notre maison, donc on préfère faire attention. On en trouve un sécurisé, coincé entre le périph, la ligne de train et un grand champ de patates... le rêve andalou, quoi !
Mais bon, le gars est sympa, c'est toujours ça...
On part vers 14h30/15h en bus vers le centre-ville pour nous apercevoir qu'en cette saison, la cathédrale et l'Alcazar ferment à 17h30... inutile de préciser qu'il est donc trop tard pour visiter quoi que ce soit comme monument et on prend le parti de se balader dans le cœur historique de la ville histoire de prendre nos marques.
Dans le quartier de Santa Cruz. La grande tour que 
l'on voit au fond, c'est la Giralda.

Deux andalous bizarres, croisés au détour d'une rue...


















 Le quartier de Santa Cruz, situé entre les deux monstres sacrés (l'Alcazar et la cathédrale) est forcement très touristique mais aussi très mignon, dédale de ruelles ponctuées de petites places, qui quant à elles, datent de l'époque napoléonienne. On va aussi jeter un œil à la casa de Pilatos, apparemment un magnifique palais que nous ne visiterons pas, respect du budget oblige...



 On stoppe la litanie des gosses " j'ai mal aux pieds ! chuis fatigué ! " par une bonne glace que l'on déguste dans les jardins qui longent les remparts de l'Alcazar, on en profite pour faire un détour par la place d'Espagne, et on prend le chemin du retour.




La place d'Espagne, conçue pour l'expo ibérico-américaine de 1929.

ça change des moineaux! Ici, il y a des perruches vertes partout! Elles font un boucan de tous les diables...

"Papaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !" (il avait eu l'audace de s'éloigner de 20 m...)
Le lendemain, on arrive à 11h devant l'Alcazar et on fait la queue pendant 1/2h, ce qui est déjà pas mal si on prend en compte qu'on est au tout début de la saison touristique.
Le palais et ses jardins sont tellement fascinants, qu'on y passe une bonne partie de la journée, il me semble qu'on a dû ressortir vers 17h !

Les jardins sont magnifiques, partout, des orangers et des palmiers!
On ne le voit pas bien sur la photo, mais les orangers sont chargés de fleurs et de fruits.
Le palais est immense, totalement recouvert d'azulejos tous plus beaux les uns que les autres. Ventre sur patte et son frangin nous ont quand même rappelé qu'au bout d'un moment, il fallait quand même penser à nourrir les Bêtes, au risque de les voir devenir franchement relous. Eh oui, chez nous, la bouffe est toujours le nerf de la guerre !






On pique-nique discrètement dans les jardins de l'Alcazar, sous les cris des perruches vertes que l'on voit dans tout Séville et puis, vers 16h30, on cède aux " j'en ai maaaaaaarre " de Noam, qui a quand même bien tenu !











Le lendemain, on visite la cathédrale. C'est la 3ème plus grande du monde derrière St Pierre à Rome et St Paul à Londres.
Elle est effectivement immense et incroyablement travaillée. S'il y a quelque chose qui facilite grandement les visites avec Noam, ce sont les superlatifs et les chiffres astronomiques : La troisième plus grande du monde, le plus grand retable du monde, lequel a été recouvert de 1200 kg d'or, là, ça lui cloue le bec, à notre zozo des montagnes. D'autant qu'on y voit aussi un Goya (bon, pas le plus réussi mais quand même) et... le tombeau de Christophe Colomb ! Celui-ci est monumental et composé de quatre statues représentant La Castille, le Léon, La Navarre et l'Aragon. Alors évidemment, me direz-vous, Cristobal est-il vraiment à l'intérieur ? C'est la question que Noam a posé en premier... et bien oui chers amis, il semblerait bien que cela soit vrai, pour partie -de son corps- en tout cas, et ce n'est pas moi qui le dit, c'est le FBI ! Ces derniers auraient vraisemblablement participé aux études et auraient confirmé la présence de l'Illustre à l'intérieur. Alors, croyez-moi, ce genre de chose, ça en bouche un coin à un gosse de 10 ans moins le quart qui dégaine les questions toujours plus vite que son ombre, ceux qui le connaissent savent qu'il est relativement inarrêtable, tant en questions qu'en singeries. En plus de 9 ans, on n'a toujours pas trouvé le bouton OFF...
Marrakech? non...Séville...(je sais, elle était facile...)


Le fameux tombeau...

















On finit la visite par l’ascension de la Giralda, cette grande tour qui est le seul reste de la mosquée qui se tenait là il y a 500 ans. Elle nous rappelle la Koutoubia de Marrakech. D'en haut, on a une vue sur toute la ville !
C'est par une chouette petite glace (encore) que nous terminons cette troisième et dernière journée sévillane.
Il est beau hein?! (aucun rapport avec le propos, je sais...)
Le lendemain après l'école que nous avons un peu négligée ces derniers jours -mais c'était pour la bonne cause- , nous mettons les voiles vers les montagnes à l'est de Séville. Des nouvelles du monde nous arrivent évidemment, et nous apprenons la mise en quarantaine de l'Italie entière, le rôle de second étant disputé entre l'Espagne et la France. Ca fait déja quelques temps que nous faisons attention, Noam étant asthmatique, on n'a pas envie que ça arrive jusqu'à lui. On le harcèle à coup de lavage de mains(la torture, pour lui) et de pschit hydroalcoolique (et là, il adore!)












Nous entrons dans le parc national de la Sierra de Grazalema  et nous devons donc trouver un camping puisqu'il est interdit ici de bivouaquer en sauvage. Nous en trouvons un , quasi-désert, à Benamahoma, un joli petit village blanc accroché à la montagne comme il y en a beaucoup dans la région.
On reste deux nuits car le camping nous sert de point de rayonnement pour Arcos de la Fronterra le premier jour , puis Grazalema pour le deuxième.
Ce sont deux bien jolis petits villages, Grazalema surtout, par laquelle on accède, depuis Benamahoma par une route bien escarpée.
Le soir, on trouve un coin tranquille sur la route de Ronda, au milieu des montagnes et des grottes. Une petite ombre au tableau : on trouve que le camion "tremble" dès que l'on prend un peu de vitesse...à voir...
Le lendemain, on décide de tirer ça au clair à Ronda. On file chez Euromaster, bien décidés à réparer ça avant le week-end et ils nous rééquilibrent nos pneus avant et on part visiter Ronda, tous contents.
Les magnifiques azuleiros d'Euromaster...d'époque bien sûr...
C'est une jolie petite ville, construite sur un escarpement rocheux. La ville est coupée en deux par une faille au dessus de laquelle on a construit, au XVIIIè siècle, un pont assez impressionnant.
La jolie petite faille...
Le petit pont sur la petite faille...le concepteur du pont a d'ailleurs connu un sort funeste...vous voulez l'histoire? allez, rapide alors: l'ingénieur, une fois le pilier du milieu quasi monté jusqu'en haut, a voulu admirer son oeuvre...il a donc fait descendre une nacelle à bord de laquelle il a pris place...il y avait du vent, son chapeau s'est envolé, il a voulu le rattraper , est passé par dessus le rebord de la nacelle...et s'est écrasé dans le ravin...


On passe un bon moment, mais on ne peut s'empêcher de remarquer qu'il règne ici une curieuse atmosphère, un sentiment étrange se diffuse, comme si tout était ralenti ; les magasins sont tous ouverts, mais la ville semble désertée, bizarre...


 Après la visite, on reprend un peu la route, mais le tremblement est toujours là, arghhh!
Direction le camping, plutôt sympa, pour laisser passer le weekend.
On y apprend que l'Espagne décrète elle aussi, comme la France, des mesures drastiques pour endiguer cette fichue épidémie.
Demain lundi, on tentera de trouver un garage ouvert afin de voir d'où vient ce fameux tremblement qui nous empêche de reprendre la route.

Dans le prochain épisode, vous saurez comment nous avons d'abord été bloqués puis comment nous avons réussi à remonter à pieds (non) l'Espagne pour effectuer notre quarantaine nomade en France...

2 commentaires:

  1. Ha Ronda j'ai toujours fait l'impasse lors de nos précédents voyage dans le sud de l'Espagne, maintenant je suis sûr d'y passer la prochaine fois.
    Bon on attend le prochain épisode...
    En espérant que vous ne trouverez pas le temps trop long pendant votre stop imposé, encore quinze jours minimum !
    Pas d'inquiétude pour Noam en théorie. Les enfants restent épargnés.
    Bisous à vous quatre.
    Néry.

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  2. L'alcazar est clairement un de mes palais préféré. A revisiter en d'autres occasions assurément. Et Seville et son quartier juif avec ses fontaines patios et petit bancs, sangria tapas, bref je m'égare. Bonne quarantaine à vous. On vous embrasse. Ym

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