samedi 29 février 2020

Du Parc de Estrela à Lisbonne

Manteigas by day...
   Nous roulons du centre-est vers le sud, d'un Portugal vide ou presque d'hommes à la plus forte densité du pays, en passant par les vagues et les sardines de Nazaré.
Euh...Manteigas by night!
   Le Parque Natural da Serra de Estrela est la première destination que nous choisissons : Tony avait déjà envie d'y aller il y a deux ans et nous n'en avions pas eu le temps. On y passe une première nuit à Manteigas (ça veut dire beurres au pluriel !), ville thermale au centre du parc qui cherche depuis 2004 à intégrer le cercle plus ou moins fermé du patrimoine mondial naturel de l'Unesco. Après un tour fonctionnel et agréable dans le "centre" nous trouvons un spot simple : la Zézère coule torrentielle au pied du parking où nous nous sommes arrêtés, le parcours sportif et les jeux "trop cool" ravissent les enfants, comme Samo l'est par les parterres de fleurs, car le printemps déjà est précoce ici, une impression qui se renforcera par la suite en évoluant vers l'ouest et le sud du pays.





Premier pique-nique de la saison.

   Le lendemain, pique-nique sur les hauteurs du parc où l'accueil est très canin, Samo rencontre de loin deux spécimens du plus vieux chien de berger ibérique, Cão da Serra da Estrela, les embrassades s'arrêtent ici les grands sont rappelés par leur maître, le gros, fier comme Artaban s'en retourne dans son CC en loupant la marche (véridique, il la loupe régulièrement). Ici, les arbres ont déserté le paysage, remplacé par ces roches polies par l'ancien locataire des lieux, un glacier.
   On fait une jolie ballade à travers la montagne jusqu'à une petite cascade, puis retour vers le camping-car pour reprendre la route.


















Les p'tites fleurs du coin...au propre comme au figué car la jonquille ne mesurait pas plus de 5cm!





















 

























 



Un courant d'air est passé...les gars sont restés bloqués comme ça une bonne partie de la ballade...
                  

                                       


Le but est de rejoindre Nazaré assez rapidement et on fait un dernier petit bivouac de nuit sur la route, au matin un drôle d'avertissement se dessine sur la maison non loin du camion.

Tenez-vous le pour dit ! (en agrandissant , on voit mieux ce qui est écrit)
   Dans l'après-midi, nous arrivons à Nazaré. Le moins qu'on puisse dire est que le coup de foudre est un peu long à arriver : on voit bien la mer, oui, mais une mer de camping-car, ça calme un peu l'enthousiasme. Tony fait une tronche des grands jours et je serre un peu les dents.
On se gare quand même, et les enfants, qui ont gardé leur enthousiasme, nous réclament d'aller voir les vagues qui font la réputation du coin.




Passés les premiers immeubles, elle est finalement plutôt mignonne, cette petite cité balnéaire. On ne sait plus trop où on est, entre les surfeurs à mèche blonde et les mamies en jupes bouffantes et collants noirs. Les enfants aperçoivent des jeux et nous de drôles d'armatures protégées par des filets sur la plage. Ce sont en fait des étals pour faire sécher le poisson, que des petites dames toutes ridées vendent, posées sur des clayettes. Il y a même des poulpes séchés, épais comme une feuille de papier à cigarette ! Trip garanti !













   On passe finalement la nuit ici bercés par le son des vagues, engourdis par l'odeur des sardines. Au matin, après l'école, on retourne sur la plage où les vagues sont un peu plus fortes que la veille. Il fait vraiment beau et on trainasse un peu avant d'aller acheter de quoi faire des sandwiches.
Aucun enfant n'a été maltraité pour le tournage de cette scène...
 















 Il est temps de filer vers Lisbonne, alors on laisse les nazaréens(?) préparer le carnaval qui sonne la fin du carême et on se remet en route.
On n'aime pas l'autoroute, c'est vrai, mais là, plus on se rapproche de Lisbonne et plus la route est pénible, très encombrée et creusée de nids de poules un peu partout. On arrive vers 19h30 au campismo ...de nuit, comme j'aime...

   On se pose pour 4 jours, histoire de visiter cette ville qui nous attire depuis longtemps et de faire quelques lessives entre autres réjouissances pragmatiques et pourtant incontournables.
Cette ville de 550 000 habitants semble drainer en cette période de carnaval les 2 800 000 que compte l'aire urbaine. Les rues résonnent des percussions qui de temps à autres enflamment les places de leurs rythmes qui vont s’accélérant.



   Quatre jours, donc, consacrés le matin à l'école et l'après-midi à la visite de la ville.
   Nous ne sommes pas mécontents d'avoir troqués nos troupeaux de 30 zozos contre un élève chacun, à tour de rôle. Noam est très enthousiaste sur tous les apprentissages, pour Jeanne, c'est plus fluctuant, mais il suffit en général de lui rappeler qu'elle passe de 6h de boulot par jour contre une et demi pour que le sourire revienne. La curiosité est là, le matin et l'après-midi... quand ils n'ont pas trop faim ! Dignes enfants de leur père ! Pourvu que ça dure !

   On a adoré les différents quartiers de Lisbonne aux ambiances bien particulières, le carnaval aux rythmes si prenants, les gens chaleureux...même si on s'est bien pris la tête aussi avec les bus lisboètes, pas toujours faciles à utiliser (gros retards, arrêts non respectées...). Le métro est quand même plus simple !

Ze famous tour de Belem...
   Nous avons tous les quatre préféré aux grosses avenues (Rua Augusta, la Rue de l'argent et la rue de l'or ! entre autres...) avec leur commerces interchangeables avec n'importe quelles métropoles du vieux ou de l'ancien monde, le dédale des petites rues, ceux qui entourent les grands chantiers de rénovation urbaine qu'occasionna le tremblement de terre de 1755. Ces petits quartiers sont la promesse de surprises renouvelée: au pied d'une colline , le tramway 28 qui grimpe, ou qui attend dans son antre que les passagers l'aient  bondé, (car il y en a , des touristes: ce sont les vacances françaises) ; cette vue plongeante sur le Tage, perspective inattendue au détour d'une rue étroite ; ou encore la présence incongrue d'une statue moderne perchée sur un mur du quartier de Bélem.


Le Tage et le pont du 25 avril, (on dirait celui de San Francisco!)



La place du commerce...
 Le fameux ascenseur  réalisé par l'un des disciples de Gustave Eiffel...avec un inconnu au premier plan...
Les retours en bus au campismo



Grosse fatigue après le restau...
 





   Au bout de 4 jours, il est quand même temps de partir , et au moment où on met le contact, la pluie se met à tomber! Si c'est pas un signe ça !

jeudi 20 février 2020

Première semaine


 Nous sommes finalement partis lundi au lieu de samedi, cela nous a laissé le temps de goûter à la belle tempête qui a secoué nos côtes, de dimanche à lundi à St Malo, puis de lundi à mardi lors de notre première étape à... Hédé !
 Nous voilà déjà au Portugal ce mardi, après une semaine de mise en route et de repos car la semaine précédente a été tout sauf reposante !
Un petit retour en arrière s'impose pour raconter brièvement le périple entre Hédé et le Portugal.

Donc, la première "vraie" étape a été La Rochelle pour faire un dernier petit coucou à Joël, Armel, Jeff et Nath, ainsi qu'à mes parents (à moi, Hélène), nos vertueux hébergeurs de bazar !

L'envie de traverser Bordeaux ne nous étouffant pas de bonheur, on se décide à faire un petit détour par le Médoc. On file donc vers Blaye, jolie petite ville au bord de la Gironde où nous prenons le bac pour Saint- Julien de Beychevelle afin de dormir face à l'estuaire. 
La traversée des passagers, retour en Norvège !

Et celle du gros !
Les carrelets, constructions sur pilotis reliées à la rive par un frêle pont de métal semblent être les sentinelles de la Gironde, les gardiennes de l'estuaire qui jalonnent le fleuve avec une régularité sans faille. C'est bien joli, mais Noam a peur que l'eau monte... et de fait , elle monte au petit matin : quand Tony lève les yeux de son travail, elle a grignoté une bonne partie de l'espèce de pelouse devant nous ! Le vieux Samo, notre illustre chien pour ceux qui n'ont pas la chance de le connaître, reste stoïque face à une marée qu'il sait devoir s'arrêter.
ça monte pour de vrai !
On déjeune, puis on part à travers les vignobles médociens, en croisant les noms des plus grands châteaux, avant de trouver Margaux, qui au détour d'un virage dans le village du même nom, nous signale qu'il est bien le plus grand vignoble du monde !

Un petit souci d'ordi nous pousse a affronter les périphéries bordelaises puis, on prend la route pour le pays basque où l'on s'arrête, pour une nuit, dans la réserve naturelle du marais d'Orx.
Tony me réveille vers 9h (on ne se refait pas, j'ai toujours autant de mal à me lever !) et on file en ballade sur le marais. Le temps est magnifique et on croise les premières tortues en train de se dorer au soleil, de nombreux oiseaux migrateurs et 2/3 ragondins bien peu farouches. Jeanne les trouve super mignons jusqu'à ce qu'elle voit leurs dents d'un joli jaune orangé !!! les garçons aperçoivent aussi une couleuvre dans l'eau.

à l'écoute du marais !
Petite œuvre de Jeanne...

Après cette jolie ballade retour au camion puis repas. le moral au beau fixe, on décide de faire quelques courses : au menu Décath',etc. Bien mal nous en a pris car nous perdons littéralement notre après-midi dans la circulation , entre Anglet, Bayonne, Biarritz etc. La prochaine fois, c'est décidé, on n'aime pas ça mais on prendra l'autoroute pour éviter cette zone, ça n'est clairement pas notre partie préférée du pays basque ! 
On trouve enfin un endroit où dormir au dessus de St Jean de Luz et le lendemain, on file en Espagne ! Un poumon, une respiration après cette traversée de la conurbation BAB, non pas qu'ils soient tous des hippies par ici...

Nous sommes samedi, voilà déjà 5 jours que nous sommes partis, cela passe très vite. Nous passons la frontière espagnole et filons vers le sud-ouest. Nous nous arrêtons à la nuit tombée près de Tordesillas où un traité, le premier du genre,  fut signé il y a de cela à peu près 500 ans...je vous laisse chercher de quoi il s'agit ! Ce bivouac à Castronuňo nous laisse découvrir dans les vallons alentours des champs d'ocres et de verts battus par des vents qui dessinent à leurs surface de douces volutes. Pour le reste, le village semble lui-même déshérité, clos et lisse, si ce n'est les trois quatre cafés ouverts à notre arrivée et les chiens hurlants à la nuit.
Les paysages castillans sont plutôt monotones, à base d'immenses champs voués à la grande agriculture, celle qui s'expédie dans toute l'Europe. Du coup, les paysages ne font pas rêver, mais il faut dire qu'on n'a quasiment pas quitté l'autoroute !
Le lendemain, on repart vers Salamanque, très jolie ville qui fut un centre universitaire très important au Moyen-Age. On s'y ballade le dimanche après-midi et le lundi avant de repartir vers le Portugal.

                                  
Jésus semble avoir eu une vie difficile hier soir...
Ne riez pas...le danger est partout à Salamanque...




La seule petite pluie que nous ayons eue en 10 jours...































le punk du devant...







Et le punk de derrière...





















Seulement 1 heure de route avant de rejoindre le Portugal, nous quittons l'autoroute à Vila Formoso et les paysages changent brutalement : ici , pas de grands champs ouverts, mais un paysage rocailleux où l'on devine d'anciennes terrasses, toujours vallonné, à base de petits champs séparés par des murets de pierre sèche ponctués d'énormes galets ronds. Nous ne connaissions pas cette partie du Portugal, c'est vraiment très beau. Les arbres sont couverts de lichen en cette saison, et l'ensemble fait un peu penser à certaines zones de la Norvège ou de l'Irlande.
On se trouve un bel endroit où dormir près de Castelo Mendo. Il ne fait pas très chaud (9°) et la nuit est froide, on descend à 0°.

Ce matin, on quitte notre bel endroit vers 11h et nous nous dirigeons vers Guarda, histoire de faire quelques courses (eh oui, encore, mais on ne peut pas stocker grand chose dans le camping car !). En discutant avec une vendeuse, elle nous indique un petit resto "bon et pas cher" qu'on décide de tester dans la vieille ville de Guarda. Les portions sont énormes, et vu le nombre de personnes à venir, ça doit être une référence dans le coin. On ressort du petit resto pour faire un petit tour dans la ville: jolie mais pas exceptionnelle.